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Baba Yaga

Depuis un moment, et encore plus depuis que j’ai lu l’article de Babitty sur son blog, je suis fascinée par le personnage de la Baba Yaga. Baba Yaga est une figure féminine surnaturelle dans le folklore russe ou slave, elle ne possède pas son propre conte mais elle apparait dans de nombreux autres récits. Pour en apprendre plus sur Baba Yaga, j’aimerais d’abord vous parler du conte Vassilissa la Belle qui est l’histoire la plus connue des contes populaires russes et la plus réécrite. Et puis, qui n’aime pas un joli conte ? (raconté par mes soins en plus ^^)

Vassilissa la Belle

Avant de mourir, la mère de Vassilissa lui confie une poupée et lui conseille de la cacher et de lui donner à manger lorsqu’elle aura besoin d’aide. Son père désormais veuf se remarie avec sa belle-mère qui a déjà deux filles et qui mènent la vie dure à Vassilissa (On peut  y voir ici un parallèle à Cendrillon).

Un jour où son père est parti, sa belle-mère ordonne à Vassilissa d’aller quémander du feu chez la sorcière cannibale Baba Yaga, espérant ainsi ne jamais la revoir. Vassilissa, accompagnée de sa poupée bien cachée, arrive à l’isba de la Baba Yaga en croisant trois cavaliers (un blanc, un rouge et un noir). Baba Yaga confie des tâches impossibles à Vassilissa et si celle-ci ne réussit pas, elle la mangera !

Dépitée, Vassilissa nourrit sa poupée qui lui vient en aide et réussi toutes les tâches avec brio. Une fois, Vassilissa avoue qu’elle reçoit de l’aide grâce à la bénédiction de sa mère défunte, Baba Yaga ne veut pas de bénis chez elle et jette Vassilissa dehors tout en lui offrant un crâne aux yeux ardents puisque sa belle-mère lui réclamait du feu. Ce feu particulier finit par consumer l’horrible marâtre et ses deux filles.

Se retrouvant seule, son père toujours absent, Vassilissa enterre le crâne et est recueillie par une vielle femme et l’aide, grâce à sa poupée, à tisser une superbe toile de lin qui sera vendue au tsar. Vassilissa se rend au palais afin de vendre ses oeuvres et le tsar en tombe immédiatement amoureux et l’épouse.

Le père de Vassilissa revient enfin, découvre le nouveau bonheur de sa fille (ne se soucie apparement pas de ce qu’il est advenu de son épouse et ses deux belles-filles) et vit avec elle et la vielle. Vassilissa devenue tsarine gardera toujours sa précieuse poupée avec elle.

Autre variante : l’histoire de Vassilissa peut s’arrêter à son retour chez elle. Il existe également une version où Vassilissa s’appelle Anouchka et est envoyée chercher du fil et une aiguille chez la soeur de la belle-mère. Anouchka file d’abord chez sa tante (qui représente la figure de bonne fée) qui lui donne de précieux conseils pour échapper aux pièges de Baba Yaga, qui est clairement une figure ennemie ici. C’est dans cette version qu’il est question de la serviette qui se transforme en rivière et du peigne qui se change en forêt.

Qui est Baba Yaga ?

C’est difficile de caractériser Baba Yaga. Baba signifie « grand-mère » ou « sage femme » ou encore « sorcière ». On lui prête différentes apparences, souvent celle d’une vielle femme hideuse, des dents pointues, des cheveux hirsutes, dotée d’une jambe d’os. Ou encore d’une ogresse et plus rarement d’une jolie femme. Elle est parfois même représentée par trois soeurs, toutes appelées Baba Yaga, pour embrouiller encore plus l’affaire !

Généralement, Baba Yaga est une sorcière. Elle vole les petits enfants pas sages pour les manger. Ou bien l’héroïne (car c’est souvent une fille) se présente chez elle et la Baba Yaga lui soumet des épreuves dans lesquelles l’héroïne devra prouver sa valeur et recevra une récompense qui l’aidera dans la suite de sa quête ou sa vie.

On lui donne également le rôle de gardienne du royaume des morts ou de maitresse de la forêt et des bêtes sauvages. Elle se déplace dans un mortier magique qui vole, le pilon faisant office de gouvernail, et efface ses traces grâce à un balai.

L’isba et les serviteurs de Baba Yaga

Baba Yaga vit dans une isba au fin fond de la forêt, une maison traditionnelle en bois semblable à un châlet, juchée sur deux pattes de poulet (parfois une seule patte), entourée de crânes et de barrières d’os. La maison a toutes ses particularités aussi. On peut lui parler et lui ordonner de tourner sur elle même (c’est d’ailleurs comme cela que l’on y entre – mais chut je ne vous ai rien dit). L’isba de Baba Yaga serait aussi le passage entre les deux mondes lorsqu’elle endosse le rôle de gardienne des morts.

Baba Yaga ne vit pas seule, elle est plutôt bien entourée par ses fidèles serviteurs, le Cavalier Blanc, le Cavalier Rouge et le Cavalier Noir qui représentent Crépuscule brillant, Soleil rouge et Sombre Nuit. C’est pour cela qu’on prête également à Baba Yaga des pouvoirs célestes sur le jour et la nuit. Il n’y a pas beaucoup d’autres informations sur ces cavaliers.

Il y a également des animaux qui lui sont fidèles, souvent un ours et des serpents. Il y a aussi des paires de mains qui s’agitent dans la maison mais je n’ai pas trouvé beaucoup d’information là dessus, ça restera un mystère et ce n’est finalement pas plus mal.

Baba Yaga dans la littérature et autre

Si vous voulez en apprendre plus sur les contes russes et retrouver la Baba Yaga, je vous encourage à lire ces deux ouvrages. Dans Les fileuses d’or, chaque conte qui y est raconté fait intervenir la sorcière. Et Contes Russes est juste magnifique et on y retrouve Vassilissa la Belle, ainsi que les 3 soeurs Baba Yaga.

L’assistante de la Baba Yaga est la BD qui regroupe le conte Vassilissa la Belle et l’histoire d’Anouchka. Masha l’héroïne doit s’acquitter des tâches de trier les grains comme devait le faire Vassilissa avant elle. D’ailleurs Masha possède également des Matriochkas, léguées par sa grand-mère, qui lui viennent en aide dans ses tâches. Et on retrouve aussi la serviette qui se transforme en rivière, ainsi que le ruban qui aide Masha à s’enfuir. Pour moi, Baba Yaga dépeinte dans cette bande dessinée est telle que je me la représente le plus : une vielle sorcière qui parait effrayante mais qui ne l’est pas vraiment, elle est plutôt malicieuse et mettre à les héros afin qu’ils prouvent leur valeur.

Dans The Storyteller – Sorcières la dernière histoire est celle de Vassilissa la Belle illustrée, seule variante, la marâtre et les belles-soeurs sont des vampires. Les dessins rendent vraiment Baba Yaga repoussante. Ce que j’ai aimé ici est le fait que les trois cavaliers interviennent et aident Vassilissa.

Dans la collection Chatons Hantés des éditions du Chat Noir, on retrouve également Baba Yaga. Notamment dans le premier tome de Nixi Turner où la croquemitaine est représentée par sa version cruelle avec une jambe-os. Et plus discrètement dans Papier noir, lueur d’espoir, d’ailleurs ce n’est peut-être qu’une interprétation de ma part mais Numa, le jeune héros, en quittant la maison de la Vielle, se retourne pour voir s’il n’y a pas des pattes de poule sous la maison. Coïncidence ? Je n’y crois point.

Une bande dessinée que j’ai trouvé super intéressante, c’est Yaga. Ici pas de vielle femme, l’auteur raconte plutôt l’enfance, et la vie de Svetlana, surtout ses malheurs qui, plus tard, feront d’elle la Baba Yaga la plus redoutée que le monde ait connu.

Dans les différentes versions du conte de Vassilissa, il y a soit une poupée unique pour aider la jeune fille, soit plusieurs poupées qui sont les Matriochka. Je me suis procurée la version Père Castor de Matriochka qui est encore une variante au conte. Il s’agit ici de cinq fillettes identiques qui déjouent les plans de Baba Yaga. J’ai aimé cette version car la fin pour Baba Yaga est très belle.

Je vais maintenant parler des livres qui m’ont rendue très curieuse envers le folklore russe et slave, c’est La trilogie d’une nuit d’hiver qui s’est installée dans mes lectures préférées. On y mentionne Baba Yaga et probablement que Vassia la rencontre quelques fois (je n’ai pas encore lu le dernier tome). Une belle entrée dans l’imaginaire russe avec d’autres contes.

De plus en plus de livres y font référence. Paru dernièrement, il y a La maison qui parcourait le monde qui m’a vraiment beaucoup plu car on en apprend beaucoup sur la maison aux pattes de poule et dans cette histoire, les Yagas ont pour rôle de conduire les morts vers l’au-delà. Il y a aussi Vassa in the Night que je n’ai malheureusement plus en ma possession ^^

On retrouve aussi Baba Yaga dans d’autres registres que la littérature. Dans le film Le voyage de Chihiro, Miyazaki s’est inspiré de Baba Yaga pour représenter le personnage de la sorcière Yubaba. On y fait aussi allusion dans la série Lost Girl à ce que l’on m’a dit. Il y a aussi plusieurs films qui lui sont consacrés, dont un où je n’ai même pas su regarder la fin de la bande annonce tellement j’avais la frousse !

Je ne peux également pas nier la ressemblance entre l’isba de Baba Yaga et le Château ambulant de Hurle car celui-ci se déplace sur plusieurs pattes, peut changer son intérieur en fonction des demandes du magicien et possède une mystérieuse porte qui donne sur différents endroits, peut-être pas le royaume des morts mais les ressemblances sont frappantes. 


Voilà pour cet article ! Je l’updaterais en fonction de mes lectures si Baba Yaga croise encore mon chemin. J’espère qu’il vous a plu et que vous avez appris plein de choses ! J’ai adoré l’écrire, c’était chouette de papoter sur un thème en particulier. D’ailleurs, j’en ai d’autres en tête ;)

8 commentaires sur “Baba Yaga

    1. Ravie qu’il t’ait plu :) Je te conseille les 2 BD. L’assistante de la Baba Yaga regroupe plusieurs versions du conte de Vassilissa la Belle et Yaga est très originale en présentant le passé de Svetlana qui deviendra une Baba Yaga redoutable !

      J’aime

    1. C’est vrai que le conte de Cendrillon et celui de Vassilissa se ressemblent, notamment avec la marâtre et les belles-soeurs. Pour moi, ce sont deux contes séparés mais peut-être que l’un a inspiré l’autre, qui sait ? :)

      Aimé par 1 personne

  1. Un magnifique article ! J’ai vraiment beaucoup aimé comment tu as traité le sujet et à quel point c’était prenant ! J’avais des connaissances un peu vagues sur Baba Yaga et ton article a parfaitement répondu à ma curiosité 😃
    L’Ours et le Rossignol est dans ma PAL depuis des années et ton article me donne encore plus envie de découvrir les contes russes et de partir à mon tour à la découverte de ce personnage qu’est Baba Yaga. 😊

    Aimé par 1 personne

    1. Pour L’ours et le rossignol, je ne peux que t’encourager à le découvrir car c’est ma trilogie préférée en fantastique ! (même si je n’ai pas encore lu le dernier tome mais je ne serais pas déçue ^^). Je suis ravie que l’article t’ait plu, j’ai adoré l’écrire et j’espère encore croiser le personnage de Baba Yaga dans de futures lectures ! :)

      Aimé par 1 personne

  2. Super article ! :D
    J’avais déjà beaucoup aimé ton premier jet, mais les ajouts que tu y as fait sont super intéressants !
    J’ai adoré Yaga (il faut d’ailleurs que j’écrive ma chronique ^^) et je suis super intéressée par « L’assistante de la Baba Yaga ». Tu me la prêteras ? :D

    J’avais aussi fait le lien avec Le château ambulant, je pense effectivement que c’est une inspiration pour l’animé, surtout quand on sait que Sophie est transformée en vieille femme ;-)

    Aimé par 1 personne

    1. Merci :) Oui sans soucis, je te le passerais !
      Mais oui trop d’accord avec toi pour Le château ambulant, pour son aspect et pour Sophie aussi ! Je mettrais ma main à couper qu’il y a une inspiration :)

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