Rouille

Paris, 1897. De nouveau matériaux découverts sur la Lune ont permis des avances scientifiques extraordinaires. Mais tout le monde n’en profite pas ! En dehors du Dôme qui protège le centre urbain riche et sophistiqué, le petit peuple survit tant bien que mal. C’est dans une maison close sur l’un des faubourgs malfamés qu’a échoué Violante, prostituée sans mémoire. Alors qu’elle se démène pour retrouver son identité dans un monde dominé par les hommes et les puissants, sa meilleure amie disparaît dans d’atroces circonstances. Contre la raison, la jeune femme décide de prendre part aux investigations…

Comme beaucoup j’attendais Rouille de Floriane Soulas avec impatience et je dois avouer être assez impressionnée par la qualité de l’histoire sachant qu’il s’agit du tout premier roman publié de l’autrice. J’ai vraiment beaucoup aimé.

La protagoniste principale est Violante, une prostituée amnésique en quête de son passé. Je me suis beaucoup attachée à elle. J’ai aimé son caractère fort, qui ne se laisse pas démonter ni impressionner. Elle sait ce qu’elle veut. Par la suite, on rencontrera une multitude de personnages, amenés petit à petit pour que l’on saisisse bien qui est qui. Je n’ai eu aucun mal à m’y retrouver et curieusement, je me suis prise d’affection pour certains, alors que ce n’était pas gagné au début, je pense notamment à Léon et à Jules. En fait, ce qu’il y avec les personnages, c’est qu’ils sont approfondis, on peut aisément les comprendre, comprendre leurs actions même si je ne les cautionne pas toutes. J’aime beaucoup cette complexité qui les rend si crédibles.

Au niveau de l’histoire, j’ai également beaucoup apprécié. Au début, on découvre de quoi est fait le quotidien de Violante, elle recherche sa mémoire perdue, le récit se met doucement en place. Et puis viennent les meurtres. Sanglants, atroces, horrifiants. Et ce n’est même pas ce qui m’a le plus choquée.

Le suspense et l’action rythment la lecture. J’ai fait plein de suppositions, me rapprochant petit à petit de la vérité, mais il me manquait toujours quelque chose pour faire le lien dans tout ce que l’on apprend. Et ce n’est révélé que dans les derniers chapitres. Le dénouement final, la tension était à son comble et c’était bien, bien, bien.

Bref, Rouille de Floriane Soulas m’a très agréablement surprise. Bien sûr, je m’attendais à apprécier vu tout le bien que l’on en disait mais je pensais pas accrocher autant. Des personnages travaillés, complexes et une histoire pleine de suspense, un petit côté thriller. J’ai beaucoup aimé. Un premier roman sans défaut selon moi. Je suivrais avec attention les prochaines publications de l’autrice, j’ai déjà hâte !


Autrice : Floriane Soulas . Date de sortie : 16 mai 2018


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L’Éveil – Stade #2

Le virus s’est propagé outre-Atlantique. Kidnappée par la WOFF, Laura n’a plus le choix : dans un laboratoire secret installé à la frontière des États-Unis et du Canada, elle doit créer, sous la menace, un contre-virus pour mettre un terme à l’épizootie mondiale. Mais la jeune chercheuse essaie de gagner du temps, persuadée que ce virus restaure l’équilibre entre les humains et le monde animal. Elle est par ailleurs convaincue que son frère et ses amis arriveront bientôt pour la sauver. Des fenêtres de la maison dans laquelle elle est tenue prisonnière, elle observe à l’orée de la forêt l’étrange ballet des ratons laveurs, des orignaux, des couguars, des grizzlys et des loups. Griffes pour griffes, crocs pour crocs, les animaux choisissent leur camp…

Attention, risque de spoiler sur le tome précédent !

Mi-novembre de l’année passée, j’ai lu le premier tome de la trilogie L’éveil de Jean-Baptiste de Panafieu. J’avais acheté les deux tomes déjà parus aux Halliennales et c’est avec plaisir que je me suis replongée dans les aventures de ce groupe hétéroclite composé d’humains et d’animaux. Dans ce second tome, l’auteur va encore plus loin et développe son virus aux animaux sauvages. À nouveau, j’ai beaucoup aimé !

Déjà dans le premier tome, c’était principalement le point de vue des animaux domestiques et animaux des villes qui était mis en avant, mais qu’en est-il de ceux qui sont plus sauvages, comme les ours, les loups, les orques ? Cela amène encore plus de questions et de réflexion. De plus en plus d’animaux sont éveillés. Certains deviennent encore plus dangereux et d’autres craignent pour leur survie et se sentent impuissants car ils ont toujours été les proies et non les prédateurs.

De plus, les avis concernant Laura, qui est à l’origine du virus qui éveille les animaux, divergent. Certains animaux sont d’avis qu’il faut la protéger et sont persuadés qu’elle pourra les aider à les rendre encore plus intelligents et favoriser leur espèce, d’autres préfèrent la tuer pour l’empêcher de créer le contre-virus qui leur rendrait leur situation d’avant.

Ce tome m’a beaucoup fait réfléchir. Il est impossible de se dire qu’une espèce mériterait plus l’éveil qu’une autre. La nature fait son chemin et le monde change. Honnêtement, je ne vois toujours pas comment la trilogie peut se terminer sur une conclusion bénéfique pour tous, humains et animaux, pour toutes les espèces.

Jean-Baptiste de Panafieu a un très joli style d’écriture qui est efficace et qui m’a beaucoup plu. Sa façon de représenter l’éveil et les réflexions des différents animaux est très accrochante. J’ai même pris plus de plaisir à suivre le point de vue animal que celui des humains. La lecture de la traversée en bateau n’a pas été de tout repos pour moi, avec toutes ces créatures des profondeurs qui y vivent, je n’étais pas rassurée du tout, j’étais crispée sur mon livre. Il ne fallait pas venir me déranger à ce moment là !

Bref, le stade 2 de L’éveil de Jean-Baptiste de Panafieu est une très bonne suite. L’action est omniprésente avec des animaux plus sauvages qui s’éveillent, apportant sa dose de réflexion et de stress au lecteur ! Je suis terriblement curieuse de découvrir la suite car je ne vois toujours pas quelle direction prendra l’histoire. Une saga originale à lire sans plus attendre !


Auteur : Jean-Baptiste de Panafieu . Date de sortie : 02 mars 2017


Mes autres chroniques de la série
Tome 1


L’Éveil – Stade #1

Un mystérieux virus semble développer prodigieusement l’intelligence des animaux. A travers le monde, l’épizootie se propage rapidement dans les villes, les élevages, les forêts, affolant les biologistes, les amis des animaux… et les compagnies agroalimentaires. Et si le rapport de force entre les animaux et les hommes s’inversait ? Et si les bêtes décidaient de lutter pour sauver leur peau et leur liberté ?

C’est en suivant les conseils de mon amie Cranberries que j’ai acheté les deux premiers tomes de L’Éveil de Jean-Baptiste de Panafieu aux Halliennales. Je n’ai pas résisté bien longtemps avant de découvrir le premier opus que j’ai trouvé très intéressant et qui m’a beaucoup plu !

Le gros point fort de ce livre est son histoire. Suite à la propagation d’un virus, les animaux s’éveillent et deviennent conscients de ce qu’ils sont. J’ai beaucoup aimé la partie propagation, voir comment d’une minuscule souris tout s’emballe, et l’éveil ressenti différemment en fonction des espèces. Se pose ensuite la question de la condition de ces animaux éveillés, certains le vivent mieux que d’autres et j’ai trouvé ça très intéressant et innovant à lire.

Du coup, dans les personnages, il n’y a pas que des humains. On fait la connaissance de Montaigne, Chou-K, Cabosse qui font partie des premiers animaux à s’être éveillé et qui sont gentils, et d’autres plus dangereux comme Prince, à son niveau, et Charles. Du côté des humains, on retrouve un petit groupe dont fait partie Laura, la chercheuse qui a créé le virus à son insu. Si j’ai beaucoup aimé le développement de l’histoire et les questions que cela soulève, à la fin de ma lecture, je me rends compte que je ne me suis pas vraiment attachée aux différents protagonistes. Je les suis avec plaisir mais il me manque un tout petit quelque chose pour que je craigne vraiment pour eux dans leurs aventures.

Je lirais la suite avec grand plaisir pour voir jusqu’où tout ça peut nous mener. Certains animaux sont plus hostiles que d’autres et sont convaincus d’avoir raison, de faire les bonnes choses pour protéger leur espèce et leur environnement. Je suis curieuse de voir l’évolution de tout ça.

Un dernier point légèrement superficiel, je trouve le livre objet vraiment beau. Gulf Stream a fait du bon boulot sur cette couverture avec l’ADN en brillance, les différents plans avec les animaux et la couverture toute douce. Ca n’apporte rien à l’histoire en elle même mais quand un livre est aussi chouette à avoir entre les mains, je tiens à le dire.

Bref, le stade 1 de L’Éveil de Jean-Baptiste de Panafieu est une lecture que j’ai beaucoup aimée grâce à son histoire intéressante d’évolution animale qui incite à la réflexion et qui pose pas mal de questions. Même si je suis restée assez distante face aux différents personnages, animaux comme humains, j’ai hâte de découvrir la suite. J’ai d’ailleurs le deuxième tome déjà en ma possession !


Auteur : Jean-Baptiste de Panafieu . Date de sortie : 22 septembre 2016


Mes autres chroniques de cette série
Tome 2


Sous le soleil de cendres

XXIIIe siècle. Après des années de guerres et de catastrophes climatiques qui ont décimé l’humanité, l’Instance, une société pacifique fondée sur des notions d’humanisme et d’écologie, a vu le jour. La criminalité n’y existe pas, aussi lorsque quatre éminents scientifiques sont assassinés en Haute-Occitanie, l’Instance mandate sa meilleure enquêtrice, Lyla Tran-Dinh.
La jeune femme constate rapidement des tensions inhabituelles au sein de la communauté… Cela a-t-il un rapport avec l’apparition inexpliquée d’un Soleil de Cendres dans le ciel ? Lyla est loin de soupçonner les abîmes vertigineux qui vont s’ouvrir sous ses pieds… Elle n’a pas de pistes sérieuses. Sur qui peut-elle s’appuyer ? Sur Erad Guzlan, un ami de son père, sur Janet Estevan, son assistante ? En Haute-Occitanie, le cauchemar ne fait que commencer !

J’avais quelques appréhensions avant de commencer Sous le soleil de cendres car les avis que j’avais lus n’étaient pas très positifs. Au final, ce livre n’est pas parfait mais m’a quand même embarquée dans son intrigue pour me faire passer un moment lecture plutôt sympathique !

L’héroïne de ce livre est Lyla, une enquêtrice très douée qui débarque dans la ville de Teixat où une série de meurtres a vu le jour, ce qui est plutôt rare dans cette nouvelle société presque parfaite. On suit Lyla dans son enquête et bien au delà mais je n’ai pas eu la petite étincelle qui fait que j’accroche avec un personnage, Lyla n’a pas soulevé d’émotion en moi. Je ne l’ai ni détestée ni adorée, certaines choses terribles lui arrivent mais je n’ai pas tremblé pour elle. Je suis restée assez distante vis-à-vis des autres personnages également. Et curieusement, ça ne m’a pas plus dérangée que ça.

Pour ce qui concerne l’histoire, j’ai été complètement emballée dès le début ! On découvre un tout nouvel univers qui a dû se reconstruire après le Siècle Noir, les moyens mis en place pour garder cette paix et les meurtres qui viennent tout chambouler. J’ai suivi l’intrigue policière avec intérêt. On a des retournements de situation qui changent le quotidien de Lyla de nombreuses fois, ce qui nous fait découvrir encore de nouvelles choses, j’ai adoré cela. J’avais peur que l’on perde l’enquête de vue mais c’est terriblement bien mené, tout est lié et on ne voit pas du tout la conclusion venir !

Et justement, cette fameuse conclusion, l’explication à toute cette histoire. Je ne dirais pas qu’elle ne m’a pas convaincue mais j’ai trouvé ça un peu trop énorme, un peu trop gros pour être complètement crédible. Les auteurs ont superbement maîtrisé leur récit mais se sont attaqué à une chose avec laquelle j’ai personnellement plus de mal. Mais ça peut se tenir malgré tout, c’est ce qui est assez étonnant avec Sous le soleil de cendres. On ne comprend pas toujours tout et l’explication passe quand même crème.

Avant de commencer la lecture, on a une préface des auteurs qui nous expliquent que ce livre devait faire partie d’un projet plus grand et plus complet avec d’autres auteurs. Ce projet ne verra finalement jamais le jour ce qui est dommage car j’aurais trouvé ça assez original.

Bref, Sous le soleil de cendres est une lecture qui m’a étonnamment bien plue dans son intrigue même si la fin ne m’a convaincue qu’à moitié. Les retournements de situations sont inattendus, je n’ai rien vu venir et j’aime quand un livre me surprend de la sorte. Par contre, je suis restée assez distante concernant les personnages mais ça ne m’a pas empêchée d’apprécier ma lecture.


Auteurs : Claire et Robert Belmas . Date de sortie : 21 septembre 2017


Le Pari du Traître (Le Secret de l’Inventeur #3)

Mise au pied du mur, Charlotte choisit de protéger ceux qu’elle aime et prend la fuite. Traître à son pays, ennemie de l’Empire, la jeune insoumise se lance alors dans une course folle pour échapper à ses adversaires, suivie de Jack, pour qui ses sentiments sont toujours aussi troubles. Pourtant, Charlotte ne peut se résoudre à abandonner complètement la rébellion. D’autant que les indices s’accumulent : une taupe se cache au cœur de l’organisation, la jeune fille en est certaine. Épaulée par Grave, Linnet, l’indéchiffrable capitaine Sang d’Acier et les mystérieux Lord et Lady Ott, Charlotte est bien décidée à démasquer l’espion… Mais comment sauver la Résistance du désastre quand on se trouve soi-même au cœur de la tourmente ?

Attention, risque de spoiler sur les tomes précédents !

Le Pari du Traître est un livre que j’attendais avec grande impatience car j’avais beaucoup aimé les deux premiers tomes. D’ailleurs, le précédent opus se terminait de façon particulièrement frustrante, Charlotte et ceux qui s’étaient enfuis avec elle se trouvaient dans une mauvaise posture. Mais on reprend ce tome trois de façon plutôt tranquille, ce qui m’a étonnée. J’ai apprécié ce livre pour ces personnages mais l’histoire en elle-même a quelques défauts.

Concernant les personnages, ils sont le gros point fort de ce livre. Quel bonheur de les retrouver ! Surtout Jack et Charlotte, un couple auquel je tiens beaucoup. Grâce à eux, la lecture fut facile et rapide. Je me suis rendue compte qu’ils m’avaient bien tous manqué. Chacun a sa propre personnalité et c’est comme retrouver des amis de longue date, comme si on ne s’était jamais quitté, même si j’aurais aimé voir plus souvent ceux qui ne sont pas aux côtés de Charlotte comme son frère Ash, Pip et Birch.

Là où j’ai eu plus de mal, c’est au niveau du fond de l’histoire. J’ai plutôt une bonne mémoire mais en commençant ce dernier tome, je me suis rendue compte que j’avais peu de souvenirs du précédent et de ce qu’il s’y passait. J’ai eu beaucoup de mal à visualiser les différents endroits et surtout les différentes parties militaires qui s’affrontent. Qui, quand et où ? Je n’ai pas su m’y retrouver dans la bataille finale et c’est plutôt dommage.

Comme c’est un dernier tome, on tend à aller vers une résolution. Une centaine de pages avant la fin, je ne voyais pas encore comment ça allait se dérouler. Finalement, j’ai trouvé ça trop rapide, trop rapide à se mettre en place, trop rapide à se résoudre également. Par contre, j’ai aimé les choix finaux pour les personnages, chacun va dans la direction qu’il a choisie et ça m’a semblé plutôt logique. Je n’imaginais pas les choses différemment.

Bref, Le Pari du Traître est un dernier tome un peu décevant par son histoire, qui traine en longueur pour s’accélérer vers la fin, et qui m’a souvent perdue. J’ai l’impression d’être passée à côté du conflit final et de ses enjeux. Heureusement, tout cela est contrebalancé par les personnages que j’ai adorés retrouver ! Les protagonistes arrivent à donner un certain rythme à l’histoire et finalement ça passe plutôt bien.


Autrice : Andrea Cremer . Date de sortie : 24 août 2017 . Titre VO : The Turncoat’s Gambit


Mes autres chroniques
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